Qui veut être mon associé ? La vérité sur les deals
| Saison | Projet & Entrepreneur | Statut | Détail des offres | Situation de l’entreprise | Pitch |
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Étant un habitué et fidèle du programme de Qui veut être mon associé ?, je me suis posé la question de savoir la réalité des investissements promis sur le plateau de M6. Pour cela, j’ai analysé les données des 5 saisons de l’émission et je vous partage les résultats.
Méthodologie : Comment j’ai traqué l’argent de QVEMA ?
Pour construire cette base de données fiable, je ne me suis pas contenté des annonces faites en plateau. J’ai investigué en croisant trois niveaux de vérification :
- L’audit juridique (Pappers) : J’ai épluché les actes administratifs de chaque société (procès-verbaux d’assemblées générales, statuts mis à jour, pactes d’associés) pour identifier les augmentations de capital réelles et l’entrée officielle des investisseurs (via leur holding ou en direct).
- Le contact direct avec les entrepreneurs : Pour les cas flous ou invisibles, j’ai contacté personnellement les fondateurs via tous les canaux disponibles (LinkedIn, e-mail, Instagram…) afin de confirmer si le deal avait été signé, annulé après audit, ou refusé de leur propre chef.
- La validation par les jurés eux-mêmes : Pour garantir une précision totale, j’ai sollicité tous les investisseurs qui ont accepté, pour une partie, de revoir et valider leur propre « Track Record » pour cette étude.
Malgré mes nombreux messages, je n’ai pas eu de retours de tous les entrepreneurs et investisseurs. Si vous souhaitez ajuster les données vous concernant, vous pouvez m’écrire à qvema@cleerly.fr.
Les chiffres clés de QVEMA
Contrairement aux idées reçues sur la « télé-réalité », les promesses faites en plateau ne sont pas du vent, mais le chemin vers la levée de fonds est semé d’embûches.
Le premier enseignement de cette enquête est le taux réél des deals : 46,3 % des accords conclus devant les caméras aboutissent. Un chiffre qui grimpe à 63,6 % si l’on exclut les entrepreneurs qui se rétractent d’eux-mêmes (souvent venus chercher un coup de projecteur plutôt que des fonds).
Cependant, l’analyse détaillée révèle trois tendances lourdes :
Une érosion de la concrétisation
On observait une baisse du taux de transformation au fil des saisons. Plus l’émission gagnait en maturité, moins le pourcentage d’affaires conclues était élevé. Est-ce dû à une rigueur accrue des audits (due diligence) ou à une période moins propice à l’argent facile ? La tendance était en tout cas clairement à la baisse d’environ 60 % aux 2 premières saisons à moins de 40% sur les 2 suivantes. La dernière relève le niveau, quid de la prochaine ?
16 millions d’euros perdus en route
C’est le chiffre le plus spectaculaire de cette étude. L’écart entre l’argent promis et l’argent versé est massif :
- Promesses TV cumulées : 26 135 223 € (sur 122 deals théoriques).
- Versements réels : 11 360 919 € (sur 63 deals effectifs).
Concrètement, seuls 43,47 % des euros promis finissent sur le compte des startups. On note aussi que le ticket moyen des investissements baisse : il passe de 214 000 € (TV) à 178 000 € (réalité) ce qui semble logique avec des due-diligence plus poussées lorsque la levée de fonds est importante. En gros, l’investissement a plus de chance de se faire si c’est pas trop cher.
Les facteurs humains : rétractations et investisseurs fantômes
Deux dynamiques expliquent ces écarts :
- L’effet « Vu à la télé » : En moyenne, 17,4 % des deals sont finalement refusés par les entrepreneurs eux-mêmes, qui profitent de la visibilité énorme offerte par l’émission (1,6M de téléspectateurs).
- La fiabilité variable des jurés : Si certains investisseurs affichent un taux de respect des engagements de 100 %, d’autres brillent par leur absence à la signature. Le cas le plus extrême ? Un investisseur ayant formulé 10 offres en plateau (pour 1,6 million d’euros)… pour n’en signer aucune.
Quels sont les meilleurs investisseurs de QVEMA ?
Les meilleurs investisseurs de QVEMA sont ceux qui ne risquent pas de vous lâcher. Pour établir ce classement des meilleurs investisseurs, j’ai uniquement pris ceux qui ont participé à au moins deux saisons et calculé leur taux de transformation.
- Éric Larchévêque : 62,5 % (81,25% avec les refus des entrepreneurs) de fiabilité. Le plus historique de l’émission est aussi un des plus fiables ! Il vient de lancer son club, Day One Club, pour permettre à ces aficionados de diversifier leur épargne.
- Jean-Pierre Nadir : 59,1% (95,45% avec les refus des entrepreneurs) de fiabilité. Si Jean-Pierre vous faisait une offre, il ne fallait pas se poser de question et y aller ! Malheureusement, il n’est plus dans l’émission.
- Anthony Bourbon : 58,3 % (75% avec les refus des entrepreneurs) de fiabilité. Il est sans doute le plus clivant, certains l’aiment (et investissent avec lui via Blast Club), d’autres le détestent.
Comment se sont comportés les nouveaux investisseurs de la dernière saison ?
Si la fiabilité globale de l’émission a tendance à s’éroder avec le temps, les recrues de la dernière saison ont inversé la courbe. Loin de faire de la figuration, les deux nouveaux jurés ont affiché un taux de sérieux impressionnant :
- Jean-Michel Karam : 5 deals sur lesquels il s’est positionné. 4 deals et 1 refus d’une entreprise. Un sans faute ! Il est reconduit en 2026.
- Julian Jacob : il a formulé 6 offres. 2 deals signés (notamment un don à GeoCoeur), 3 refus d’entrepreneurs et un deal toujours en cours (FootUp). Un sans faute aussi. Il n’est pas reconduit en 2026.
- Alice Lhabouz : 6 offres faites sur le plateau, 3 deals conclus, 1 refus d’entrepreneur et 2 retraits. Un bilan plutôt correct pour Alice qui reste dans la nouvelle saison 2026.
Le siège laissé vacant par Julian Jacob sera occupé en 2026 par Jonathan Anguelov. Réussira-t-il à maintenir ce niveau de fiabilité ou tombera-t-il dans les travers des promesses télévisuelles non tenues ? Réponse dans les chiffres de la prochaine saison.
Quels sont les meilleures deals de QVEMA par saison ?
J’ai regardé tous les deals signés pour déterminer ceux qui ont été les plus intéressants. Voilà mon choix des meilleurs investissements :
Saison 1
- Le Meilleur Deal : N’oye (Marc Vanhove). Une entreprise saine, des produits bien implantés en grande distribution et une rentabilité assurée. Un investissement de « bon père de famille » très efficace.
- Le Deal Loupé : Morphée. Les fondateurs sont repartis sans aucune offre, les investisseurs ne croyant pas au marché de la déconnexion.
Saison 2
- Le Meilleur Deal : La French Baguette (Éric Larchevêque & Delphine André). Eva Broussou a non seulement développé son activité, mais la société a fini par être rachetée par un groupe industriel (Elior). C’est une « sortie » (exit) réussie.
- Le Deal Loupé : Puissante. Les investisseurs se sont montrés trop frileux face à cette marque de bien-être sexuel. Marie Comacle a prouvé qu’ils avaient tort : sa marque est devenue une référence du secteur, démontrant que le tabou ne tue pas le business.
Saison 3
- Le Meilleur Deal : Caps Me (Anthony Bourbon). L’alliance parfaite entre un produit écologique viral et l’expertise e-commerce d’Anthony Bourbon. La startup a connu une hyper-croissance immédiate après la diffusion, validant la stratégie de l’investisseur.
- Le deal loupé : DIJO Les jurés trouvaient la valorisation trop élevée pour des probiotiques. C’était une erreur de jugement : DIJO est aujourd’hui une marque leader en pharmacie et sur les réseaux sociaux. Le prix demandé était finalement justifié.
Saison 4
- Le meilleur deal : Palomano (Jean-Pierre Nadir). Parier sur un parc de loisirs physique à l’ère du tout-numérique était audacieux. Le pari est gagnant : des dizaines de franchises ont été lancées avec Jean-Pierre Nadir.
- Le deuxième meilleur deal (non réalisé) : Hydratis. Kelly Massol avait senti le potentiel, mais la levée de fonds semble ne pas avoir eu lieu. Ils ont eu raison : leurs pastilles d’hydratation inondent désormais le marché français.
Saison 5
Il est encore trop tôt pour juger la rentabilité des investissements de cette année. Rendez-vous l’année prochaine.
Le casting idéal pour 2027
Après avoir analysé les chiffres et la fiabilité des jurés, on se prend à rêver d’un jury qui allierait puissance financière, expertise « Tech » pointue et bienveillance. Voici, selon moi, l’équilibre parfait pour renouveler l’émission :
Les cerveaux de la tech
- Thibaud Elzière (eFounders/Hexa) : C’est le créateur de boîtes par excellence. Il apporterait une vision structurelle incroyable pour aider les startups.
- Céline Lazorthes (Leetchi/Mangopay) : Elle incarne la réussite de la Fintech française. Elle a l’expérience du B2C (avec Leetchi) et la rigueur du B2B. Elle apporterait une vision pragmatique et résiliente.
Les snipers
- Jean de la Rochebrochard (Kima Ventures) : Le bras droit de Xavier Niel. Il voit passer des milliers de dossiers par an. Il est connu pour son franc-parler redoutable et sa rapidité d’analyse. Ce serait l’investisseur le plus exigeant, mais aussi le plus utile pour les entrepreneurs qui veulent la vérité brute.
La marque
- Valérie Messika (Messika) : Elle apporterait l’expertise du luxe, de l’export et du branding international. Une touche de glamour, mais avec un empire industriel derrière.
Les piliers
- Éric Larchevêque : Impossible de faire sans lui. Il est le seul à pouvoir vulgariser la tech complexe pour le grand public tout en étant un investisseur ultra-fiable.
- Jean-Pierre Nadir : Le cœur du jury. Il faut quelqu’un pour apporter de l’émotion et du marketing grand public.
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