PER : les chiffres clés du Plan d’Épargne Retraite
Lancé par la loi PACTE en 2019, le Plan d’Épargne Retraite est devenu en quelques années le produit de référence pour préparer sa retraite. Beaucoup de chiffres qui circulent sont périmés : nous mettons cette page à jour à chaque publication de France Assureurs, pour en donner un aperçu complet et fiable.
Combien de Français ont un PER ?
À fin juin 2026, on compte 8,5 millions d’assurés sur les PER assurantiels, ceux distribués par les assureurs, qui représentaient 70 % de l’encours de l’ensemble des PER à fin décembre 2025. En ajoutant les PER bancaires gérés par les sociétés de gestion, 12,4 millions de personnes détenaient un PER à fin juin 2025, selon le dernier point consolidé de France Assureurs.
La croissance est spectaculaire pour un produit qui n’existait pas il y a sept ans. En 2025, un million de nouveaux PER assurantiels ont été souscrits, et le rythme se maintient en 2026 : 240 600 nouveaux PER au premier trimestre, puis 229 600 au deuxième.
Nombre de PER assurantiels en fin d’année, en millions. Source : France Assureurs, bilan de l’assurance vie 2025.
Quel est l’encours des PER ?
L’encours des PER assurantiels atteint 124,8 milliards d’euros à fin juin 2026, contre 101,3 milliards un an plus tôt. Le cap symbolique des 100 milliards d’euros a été franchi au cours de l’été 2025, et la progression ne ralentit pas : +10 milliards sur le seul deuxième trimestre 2026, portés par la collecte et par la valorisation des marchés. Sur le champ complet, assureurs et gestionnaires d’actifs confondus, l’encours total des PER s’élevait à 136,1 milliards d’euros à fin juin 2025.
Encours des PER assurantiels en fin de trimestre, en milliards d’euros. Source : France Assureurs.
Versements et collecte nette du PER
Deux chiffres à distinguer. Les versements sont les sommes déposées par les épargnants sur l’année, cotisations nouvelles et transferts compris. La collecte nette retranche les sorties : départs en retraite, déblocages anticipés (notamment pour l’achat de la résidence principale), décès, ainsi que les transferts sortants vers d’autres contrats. Les transferts entre contrats gonflent donc les versements bruts mais se neutralisent en grande partie dans la collecte nette du marché : en 2022 par exemple, sur 18,7 milliards d’euros de versements, 9,9 milliards étaient des transferts d’anciens contrats.
En 2025, les versements sur les PER assurantiels ont atteint 20,2 milliards d’euros, en hausse de 16 % sur un an. La collecte nette progresse pour la quatrième année consécutive, à +11,0 milliards d’euros. Sur le premier semestre 2026, les versements (transferts compris) atteignent 9,4 milliards d’euros, en hausse de 2 % : au deuxième trimestre, les cotisations hors transferts s’élèvent à 3,2 milliards d’euros (+8 %), pour une collecte nette de +1,9 milliard, stable sur un an.
Collecte nette annuelle des PER assurantiels, en milliards d’euros. Source : France Assureurs, bilans annuels.
Les transferts d’anciens contrats vers le PER
Une partie de la croissance du PER vient des transferts d’anciens produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO), que la loi PACTE a rendus simples et attractifs, notamment pour profiter de la sortie en capital. En 2022, année de bascule massive, les transferts représentaient 9,9 milliards d’euros sur 18,7 milliards de versements. Le mouvement reste soutenu : au deuxième trimestre 2026, 52 200 assurés ont transféré leur épargne vers un PER, pour 1,6 milliard d’euros, après 70 600 assurés et 952 millions d’euros au premier trimestre. Les épargnants consolident aussi leurs PER chez l’assureur le plus compétitif : les frais de transfert sont plafonnés à 1 % et deviennent nuls après cinq ans de détention.
Quels sont les frais moyens des PER individuels ?
Souscrire un PER implique toujours des frais, plus ou moins visibles. Les frais de versement et d’arbitrage impactent directement l’épargne ; les frais de gestion sont prélevés sur les supports et souvent invisibles car les performances affichées en sont nettes. Les écarts entre contrats sont considérables : c’est le premier critère à comparer avant d’ouvrir un PER.
| Nature des frais | Montant moyen |
|---|---|
| Frais de versement | 3,18 % |
| Frais de gestion (fonds euros) | 0,87 % |
| Frais de gestion (unités de compte) | 0,85 % |
| Frais d’arbitrage | 0,72 % |
Frais moyens des PER individuels. Source : Banque de France. Les contrats que nous sélectionnons chez Cleerly sont généralement sans frais de versement.
Notre conviction : la retraite ne se financera plus par la seule répartition
Le succès du PER n’est pas un hasard. Il répond à une réalité démographique et financière que le Conseil d’orientation des retraites (COR) documente chaque année. Quelques faits tirés de son rapport de juin 2025.
Source : COR, rapport annuel de juin 2025, scénario de référence.
Le système de retraite était déficitaire de 1,7 milliard d’euros en 2024 et le resterait sur toute la période de projection du COR, jusqu’à 1,4 point de PIB en 2070 à réglementation inchangée. Le niveau de vie relatif des retraités, aujourd’hui proche de celui de l’ensemble de la population, reculerait à 87,5 % en 2070. Et le COR relève que près de la moitié des moins de 34 ans s’attendent à ne pas avoir de pension, ou une pension très faible.
Notre lecture est claire, et nous l’assumons comme une conviction : la France n’a plus les moyens de financer, par la seule répartition, des retraites au niveau que les générations précédentes ont connu. Nous pensons que le pays devra évoluer vers un système mixte : un socle de retraite par répartition, garanti à tous et préservant la solidarité entre générations, complété par une épargne que chacun construit tout au long de sa carrière. Le COR lui-même note que les assurés peuvent répondre à la baisse relative des pensions par un effort d’épargne accru pendant la vie active.
C’est exactement le rôle du PER : commencer tôt, verser régulièrement, déduire ses versements de son revenu imposable et se constituer un capital ou une rente pour le jour où la pension ne suffira plus. Plus l’épargne démarre tôt dans la carrière, moins l’effort mensuel nécessaire est important. Le choix des supports et le niveau de risque, eux, se définissent selon la situation et l’horizon de chacun.
Position exprimée par Benoît Fruchard, fondateur de Cleerly. Les projections citées sont celles du COR à législation constante ; elles ne constituent pas une prédiction.
Questions fréquentes
Combien de Français ont un PER ?
8,5 millions d’assurés sur les PER assurantiels à fin juin 2026. En comptant les PER bancaires, 12,4 millions de personnes détenaient un PER à fin juin 2025.
Quel est l’encours total des PER ?
124,8 milliards d’euros pour les PER assurantiels à fin juin 2026, et 136,1 milliards d’euros tous gestionnaires confondus à fin juin 2025.
Les versements sur un PER sont-ils déductibles des impôts ?
Oui, les versements volontaires sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de plafonds annuels qui dépendent de vos revenus. C’est le principal moteur du succès du produit, particulièrement visible en fin d’année fiscale.
PER ou assurance vie ?
Les deux sont complémentaires : le PER pour l’avantage fiscal à l’entrée et l’épargne bloquée jusqu’à la retraite, l’assurance vie pour la souplesse et la transmission. Retrouvez les chiffres clés de l’assurance vie sur notre page dédiée.
Ces chiffres sont actualisés à chaque publication de France Assureurs et peuvent être cités. Pour une interview, une donnée précise ou une mise en perspective sur l’épargne retraite, écrivez-nous.
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