Les package de rémunération des entreprises américaines comprennent de plus en plus souvent des RSU. Ce sigle signifie “Restricted Stock Unit” et cela correspond à une incitation en actions gratuites qu’un employeur accorde à ses employés. C’est une façon très courante aux États-Unis mais c’est souvent compliqué pour un salarié français de comprendre comment cela fonctionne entre les RSU qualifiés et non qualifiés, ce qu’il touche vraiment, et comment les déclarer aux impôts. On vous décrypte tout ce que vous devez comprendre, la différence avec les stock options, ce que sont les vested RSU et les unvested RSU, les impôts…
- RSU qualifiées (avec un sous-plan français) : abattement de 50 % sur le gain d’acquisition (fraction ≤ 300 K€), prélèvements sociaux de 18,6 % sur le brut, imposition au moment de la cession. Vous conservez environ 61 % du montant (TMI 41 %).
- RSU non qualifiées : imposées comme un salaire au moment du vesting, sans abattement, avec cotisations salariales classiques. Vous conservez environ 37 % du montant.
- Plus-value de cession : flat tax de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) dans les deux cas.
- Déclaration : cases 1TZ + 1WZ (qualifiées) ou 1AJ (non qualifiées) + case 3VG pour la PV de cession + formulaire 3916-bis pour le compte étranger.
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Que sont les RSU ?
Les RSU (Restricted Stock Units) sont des actions que les entreprises attribuent à leurs employés dans le cadre d’un plan de rémunération. Elles ne sont pas immédiatement transférées à l’employé, mais le seront après une période de vesting, c’est-à-dire une durée pendant laquelle l’employé doit rester dans l’entreprise pour les acquérir. Les RSU sont considérées comme un outil d’incitation à long terme (en obligeant les salariés à rester pour en bénéficier) et ils permettent aux salariés de devenir actionnaires de leur entreprise.
Les principales caractéristiques des RSU sont les suivantes :
- Attribution différée : Les actions ne sont accordées qu’après la période de vesting.
- Pas d’achat nécessaire : Contrairement aux stock options, l’employé n’a pas besoin de débourser de l’argent pour obtenir ses actions.
- Valeur liée à l’action de l’entreprise : Une fois attribuées, les actions reflètent la valeur boursière de l’entreprise.
Qu’est-ce que le vesting ?
Le vesting est une période qui permet de fidéliser les salariés. Lorsqu’une entreprise décide de verser des RSU, elle le fera toujours avec une période de temps, appelée vesting. Cette période correspond à une durée, généralement en année, avant que le salarié ne touche les premiers RSU de son plan de rémunération.
Romain est salarié d’une startup avec un package qui comprend un salaire fixe de 80 000 € ainsi que 400 RSU avec une durée de vesting. Il pourra recevoir 25% des RSU chaque année. C’est-à-dire qu’au bout d’un an dans l’entreprise, Romain touchera 100 RSU. S’il quitte l’entreprise au bout de 13 mois, il ne touchera pas les 300 RSU qui lui étaient promis.
Comment savoir si vos RSU sont qualifiées ou non qualifiées ?
C’est la première question à vous poser, car la fiscalité est radicalement différente selon le cas. Un plan RSU est considéré comme « qualifié » en France lorsqu’il respecte les conditions des articles L. 225-197-1 à L. 225-197-6 du Code de commerce, c’est-à-dire les mêmes règles que celles qui encadrent les attributions gratuites d’actions françaises.
En pratique, pour qu’un plan RSU étranger soit qualifié, il faut généralement que l’entreprise ait mis en place un sous-plan spécifique pour la France (souvent appelé « French sub-plan » ou « French qualified addendum ») qui prévoit :
- Une période d’acquisition (vesting) d’au moins 1 an à compter de la date d’attribution ;
- Un cumul période d’acquisition + période de conservation d’au moins 2 ans ;
- Une décision d’attribution autorisée par une AGE (assemblée générale extraordinaire) ou son équivalent ;
- Un plafond d’attribution ne dépassant pas 15 % du capital social.
Comment le vérifier concrètement ? Demandez à votre service RH ou « Stock Administration » si votre plan dispose d’un « French qualified sub-plan ». Si votre entreprise n’en a pas mis en place, vos RSU sont par défaut non qualifiées et imposées comme un salaire classique. Les grandes entreprises américaines (Google, Meta, Amazon, Microsoft) proposent généralement un sous-plan français, mais ce n’est pas systématique.
RSU qualifiées vs non qualifiées : tableau comparatif
Voici un récapitulatif des différences fiscales majeures entre les deux régimes. La distinction est essentielle car elle peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’écart sur un même package.
| Critère | RSU qualifiées | RSU non qualifiées |
|---|---|---|
| Moment d’imposition du gain d’acquisition | Au moment de la cession des actions | Au moment du vesting (ajouté au bulletin de paie) |
| Abattement sur le gain d’acquisition (fraction ≤ 300 K€) | 50 % (post-2018) | Aucun |
| IR sur le gain d’acquisition (fraction ≤ 300 K€) | Barème progressif (après abattement 50 %) | Barème progressif (traitements et salaires, sans abattement) |
| Prélèvements sociaux (fraction ≤ 300 K€) | 18,6 % (revenus du patrimoine, sur le gain brut) | Cotisations salariales classiques (~22 %) |
| Contribution salariale (fraction > 300 K€) | 10 % | Non applicable (cotisations classiques) |
| Plus-value de cession | Flat tax 31,4 % ou barème progressif | Flat tax 31,4 % ou barème progressif |
| Cases de la déclaration 2042C | 1TZ (gain après abattement) + 1WZ (abattement 50 %) | Inclus dans le salaire (cases 1AJ / 1BJ) |
| Taux effectif global estimé (TMI 41 %, gain 200 K€) | ~39,1 % | ~58-62 % |
Sources : article 80 quaterdecies du CGI, article 200 A du CGI. Tableau mis à jour en avril 2026.
Unvested RSU : qu’est-ce ? quelle fiscalité ?
Les RSU non vestées (unvested RSU) correspondent aux actions qui sont encore en période de vesting et qui n’ont pas encore été attribuées à l’employé. Tant que les actions ne sont pas vestées, il n’y a aucune imposition à déclarer. L’imposition interviendra uniquement lors de la date d’acquisition des actions, à la fin de la période de vesting.
Cependant, il est important de suivre cette période, car une sortie de l’entreprise avant la fin du vesting entraîne la perte des RSU non vestées.
Exemple concret : Marie travaille dans une start-up qui lui a attribué 200 RSU sur une période de vesting de 4 ans. Chaque année, elle touchera 50 RSU. Si elle quitte l’entreprise au bout de 3 ans, elle aura perçu 150 RSU. Chaque année, elle aura dû déclarer ces RSU dans sa déclaration d’impôts. Par contre, elle ne touchera pas les 50 derniers RSU.
Si un changement de situation fiscale intervient dans les prochains mois ou les prochaines années, cela risque d’affecter l’imposition des RSU.
La fiscalité des RSU d’un plan qualifié (qualified RSU)
Les RSU d’un plan qualifié bénéficient d’un régime fiscal favorable (celui des actions gratuites) en France, à condition de respecter certaines règles relatives à la période d’acquisition et à la période de conservation des actions. Ce type de plan est le plus intéressant pour les salariés. Voici les détails de la fiscalité appliquée.
Imposition du gain d’acquisition
L’imposition du gain d’acquisition se fera au moment de la cession des RSU. C’est l’intérêt de ces actions gratuites, le salarié n’est pas redevable immédiatement d’un impôt. Par contre, le salarié va cristalliser un gain d’acquisition au moment du vesting. La fiscalité dépendra du montant du gain d’acquisition, c’est-à-dire du prix de l’action au moment où elle est vestée.
Par exemple, Isabelle bénéficie d’un package incluant 500 RSU sur 4 ans. Au moment de la signature du contrat, l’action de son entreprise vaut 200 €. Au bout d’un an, elle va toucher 125 RSU. Le prix de l’action a fortement progressé et chaque action vaut maintenant 400 €. Son imposition sera calculée sur la base de 400 € et non 200 € soit 50 000 € (400 € * 125 RSU).
L’imposition sera la suivante au moment de la cession :
Pour la fraction du gain d’acquisition inférieure à 300 000 € :
- Impôt sur le revenu : Le salarié est imposé selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, mais il profite d’un abattement de 50 % sur la valeur des actions vestées.
- Prélèvements sociaux : Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent sur la totalité du gain d’acquisition, avant abattement. C’est un point important : l’abattement de 50 % ne réduit que l’assiette de l’impôt sur le revenu, pas celle des prélèvements sociaux.
En cas de gain d’acquisition supérieure à 300 000 € :
- Impôt sur le revenu : Le salarié est imposé sur la totalité du gain d’acquisition (sans abattement) à son taux marginal d’imposition.
- Prélèvements sociaux : Ils seront de 9,7 %
- Contribution salariale de 10 %.
Exemple pour un montant inférieur à 300 000 € :
Imaginons que Paul soit salarié d’une entreprise qui lui attribue 2 000 RSU dans le cadre d’un plan qualifié. À la fin de la période de vesting, la valeur de chaque action est de 50 €, soit un gain total de 100 000 € (2 000 RSU x 50 € par action).
Paul bénéficie d’un abattement de 50 % pour durée de détention lors de l’acquisition des actions. Il sera imposé uniquement sur 50 000 € (50 % de 100 000 €). Au moment de la cession des actions, il est dans une tranche marginale d’imposition (TMI) de 41 %. Concernant son impôt sur le revenu, il paiera 41 % sur les 50 000 €, soit 20 500 € d’impôt sur le revenu.
En ce qui concerne les prélèvements sociaux, ils vont s’appliquer sur la totalité du gain d’acquisition, sans abattement au taux de 18,6 %, soit 18 600 €.
Au final, entre son IR et les prélèvements sociaux, Paul va payer : 20 500 € + 18 600 soit 39 100 €.
Cela correspond à un taux moyen d’imposition de 39,10% sur ses RSU.
En cas de plus-value au moment de la cession, il sera aussi redevable de la Flat Tax sur cette tranche.
Exemple pour un montant supérieur à 300 000 €
Claire bénéficie de 4 000 RSU dans le cadre d’un plan qualifié. À la fin de la période de vesting, la valeur de chaque action est de 100 €, soit un gain d’acquisition total de 400 000 € (4 000 RSU x 100 €).
Pour la première partie du gain, soit 300 000 €, Claire bénéficie d’un abattement de 50 %. Le jour où elle décidera de céder ses actions, elle sera imposée sur 150 000 € (50 % de 300 000 €). Si Claire est également dans une tranche marginale d’imposition (TMI) de 41 % à ce moment là, elle devra payer 61 500 € (150 000 € x 41 %) d’impôt sur le revenu pour cette tranche.
La partie du gain d’acquisition au-delà de 300 000 €, soit 100 000 € (400 000 € – 300 000 €), est imposée sans abattement. Claire sera donc imposée sur la totalité des 100 000 € à sa TMI de 41 % (100 000 € * 41%).
Elle va ainsi payer 102 500 € d’impôt sur le revenu (61 500 € + 41 000 €) au moment de la cession.
Les prélèvements sociaux s’appliquent sur le gain total de 400 000 €, mais sont fractionnés selon les seuils :
- 18,6 % sur les 300 000 € = 55 800 €.
- 9,7 % sur les 100 000 € supplémentaires = 9 700 €.
- Contribution salariale de 10 % sur la partie excédant 300 000 € = 10 000 €.
Le montant des prélèvements sociaux et de la contribution salariale correspond à 75 500 € (55 800 + 9 700 + 10 000).
Finalement, le montant total de la charge fiscale pour Claire sera de 178 000 € (IR : 102 500 + PS : 75 500).
Cela correspond à un taux moyen d’imposition de 44,5% pour ses RSU. En cas de plus-value sur ces actions, elle devra aussi payer la Flat Tax.
La fiscalité des RSU d’un plan non qualifié
Les RSU d’un plan non qualifié sont considérées comme un revenu salarial en France au moment de leur acquisition (vesting). Contrairement aux plans qualifiés, ils ne bénéficient d’aucun abattement fiscal et sont soumis aux impôts et cotisations sociales comme un salaire classique.
Le mécanisme du sell-to-cover est souvent utilisé par l’entreprise pour faciliter le paiement de ces impôts et cotisations. Cela entraîne une vente automatique d’une partie des actions, réduisant la quantité d’actions réellement promises et, in fine, détenues par le salarié.
Sell-to-Cover : Payer les charges sociales et impôts
Le sell-to-cover est un mécanisme mis en place pour permettre aux salariés de payer les charges fiscales et sociales dues lors de l’acquisition des RSU sans avoir à avancer de fonds personnels.
Les entreprises ne pouvant pas partager le taux d’imposition de leurs salariés au courtier qui est responsable de la vente (car c’est interdit par la loi), elles appliquent par défaut le taux marginal le plus élevé, soit 45 % pour l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les cotisations sociales salariales.
Voici comment cela fonctionne :
- Vente d’une partie des actions : Pour couvrir les taxes (marge du courtier, impôts à la source aux États-Unis), une partie des actions acquises est automatiquement vendue.
- Versement à l’entreprise : Le produit de cette vente est versé à l’entreprise, qui s’occupe ainsi de régler les taxes.
- Résultat pour le salarié : Après le sell-to-cover, il reste au salarié moins de la moitié de ses actions sur lequel le salarié devra payer des impôts comme sur son salaire.
- Remboursement d’une partie des taxes : certaines entreprises vont rembourser une partie des frais.
Par exemple, si un salarié reçoit 1 000 RSU d’une valeur de 100 € par action lors du vesting, le gain total est de 100 000 €. Avec le mécanisme de sell-to-cover, cela va entraîner la vente d’une partie des actions pour payer les impôts à la source. De son côté le salarié va voir une ligne sur son bulletin de paie, ce qui va augmenter son salaire brut.
Bulletin de salaire et régulation des montants
Les montants liés aux RSU non qualifiés apparaissent sur le bulletin de salaire du salarié, car ils sont considérés comme un salaire. Le gain d’acquisition est ajouté au salaire brut, et les prélèvements sociaux sont déduits comme pour un revenu classique.
Les RSU non qualifiés peuvent apporter de mauvaises surprises. Un package à 200 K€ avec 100 K€ de fixe et 100 K€ de RSU peut fortement impacter le salaire net touché par un salarié avec finalement peu d’actions (vs la promesse du package).
Simulez la fiscalité de vos RSU
Sélectionnez votre type de plan (qualifié ou non qualifié), renseignez votre TMI et le nombre de RSU vestées pour obtenir une estimation détaillée de votre imposition. Le simulateur intègre l’abattement de 50 %, les prélèvements sociaux, la contribution salariale et une estimation du sell-to-cover pour les plans non qualifiés.
Estimez votre imposition sur vos Restricted Stock Units selon que votre plan est qualifié ou non qualifié.
Cas client
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Quelle est la fiscalité en cas de plus-values avec des RSU ?
Lorsque vous revendez des actions issues de RSU (Restricted Stock Units), la plus-value réalisée est soumise à la fiscalité de la plus-value. Cela correspond à la différence entre le prix de vente des actions et leur valeur au moment où elles ont été vestées (acquises).
Par exemple si vous avez acquis vos actions lors du vesting à une valeur de 100 € par action et que vous les revendez plus tard à 130 €, la plus-value réalisée est de 30 € par action.
Les plus-values issues de la revente des actions RSU sont généralement soumises à la flat tax, également appelée Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Le taux global de cette flat tax est de 31,4 %, réparti comme suit :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu.
- 18,6 % de prélèvements sociaux
Ce taux s’applique sur le montant total de la plus-value réalisée lors de la vente des actions.
Le salarié peut choisir d’être imposé sur la plus-value selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, plutôt que d’appliquer la flat tax de 31,4 %. Cette option est rarement avantageuse car elle concerne les salariés dont la tranche marginale d’imposition est de 0 ou 11 %.
Par exemple, imaginons qu’Eugène ait acquis des actions lors du vesting à une valeur de 50 € par action et les revend quelques années plus tard à 80 € par action. Il aura réalisé une plus-value de 30 € par action. S’il détient 1 000 actions, la plus-value totale réalisée est de 30 000 €. Il décide de payer la flat tax, soit 31,4 %. Il devra payer 9 420 € (30 000 € * 31,4 %).
Comment déclarer vos RSU aux impôts ?
La déclaration de vos RSU dépend de la nature de votre plan (qualifié ou non) et comprend plusieurs obligations distinctes.
Déclarer le compte titres étranger (obligatoire)
Si vos RSU sont détenues sur une plateforme étrangère (E*Trade, Schwab, Morgan Stanley, Fidelity…), vous devez chaque année déclarer ce compte via le formulaire 3916-bis. C’est une obligation déclarative indépendante de toute cession. En cas d’oubli, l’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré (10 000 euros si le compte est dans un Etat non coopératif). La case correspondante sur la déclaration 2042 est la case 8UU.
Déclarer le gain d’acquisition (RSU qualifiées)
Pour les RSU qualifiées attribuées depuis le 1er janvier 2018, le gain d’acquisition se déclare au moment de la cession des actions sur la déclaration 2042C :
- Case 1WZ : le montant de l’abattement de 50 % (fraction inférieure à 300 000 euros) ;
- Case 1TZ : le gain imposable après abattement ;
- Case 1TT (ou 1UT) : la fraction du gain d’acquisition qui excède 300 000 euros.
Déclarer le gain d’acquisition (RSU non qualifiées)
Pour les RSU non qualifiées, le gain d’acquisition est ajouté au salaire brut par l’entreprise au moment du vesting. Il apparait donc sur votre bulletin de paie et est normalement pré-rempli dans votre déclaration en case 1AJ ou 1BJ. Vérifiez bien que le montant est correct.
Déclarer la plus-value de cession
Que vos RSU soient qualifiées ou non, la plus-value de cession (différence entre le prix de vente et la valeur au jour du vesting) se déclare en case 3VG de la déclaration 2042C.
Eviter la double imposition avec les Etats-Unis (W-8BEN)
Si votre employeur est américain et que vos actions sont sur un compte US, il est indispensable de remplir le formulaire W-8BEN auprès de votre courtier (E*Trade, Schwab…). Ce formulaire atteste de votre résidence fiscale française et permet de bénéficier de la convention fiscale franco-américaine, évitant ainsi une retenue à la source américaine de 30 % sur vos plus-values. Sans ce formulaire, vous risquez d’être taxé aux Etats-Unis ET en France.
Quelle est la différence entre les RSU et les stock options ?
Les RSU et les stock options sont deux formes de rémunération en actions, mais leur fonctionnement diffère grandement. Voici un tableau récapitulatif des principales différences :
| Caractéristiques | RSU | Stock Options |
|---|---|---|
| Prix d’exercice | Pas de prix d’exercice, les actions sont gratuites. | Nécessitent le paiement d’un prix d’exercice pour acquérir les actions. |
| Fiscalité | Imposées comme du revenu à la date du vesting. | Imposées à la date de l’exercice sur la plus-value réalisée. |
| Conditions d’attribution | Automatique après le vesting. | Doit être exercé activement par l’employé. |
| Risque | Faible, car aucune dépense initiale. | Risque plus élevé, car l’action peut perdre de la valeur après l’exercice. |
Les RSU sont souvent considérées comme moins risquées pour les employés, car il n’y a pas de prix d’exercice à payer, contrairement aux stock options où le salarié doit acheter les actions à un prix fixé (prix d’exercice) même si la valeur du marché est inférieure.
Les grandes entreprises américaines et certaines multinationales sont particulièrement friandes des RSU comme forme de rémunération incitative.
Quelles sont les entreprises qui proposent des RSU ?
Si vous êtes salariés dans une de ces entreprises, vous êtes très probablement concerné par les RSU :
- Microsoft
- Amazon
- Meta (anciennement Facebook)
- TikTok
- Salesforce
- CrowdStrike
- Databricks
- …
Ces entreprises misent sur les RSU pour motiver leurs employés et les inciter à rester dans l’entreprise sur le long terme. Le salarié devient ainsi partie prenante de la réussite de l’entreprise et est incité à y rester plusieurs années.
A quel moment puis-je vendre mes RSU ?
La vente des RSU dépend principalement de deux étapes : la période de vesting et les éventuelles restrictions de vente imposées par l’entreprise.
La période de vesting
La première condition à respecter avant de vendre vos RSU est la période de vesting. Pendant cette période, les actions sont « non acquises » et restent la propriété de l’entreprise. Une fois la période de vesting terminée, les actions deviennent la propriété du salarié, ce qui signifie qu’elles sont désormais « vestées » et peuvent être revendues.
La durée de cette période varie selon les plans d’entreprise, mais elle est souvent de 3 à 4 ans. Par exemple, une entreprise peut attribuer 25 % des RSU chaque année sur 4 ans, avec un cliff vesting au bout de la première année (c’est-à-dire que le salarié doit travailler au moins 1 an avant de recevoir les premières actions).
Une fois les actions vestées, elles sont attribuées au salarié et peuvent potentiellement être revendues.
Les restrictions internes et les fenêtres de vente
Même après le vesting, certaines restrictions peuvent s’appliquer. Les entreprises imposent souvent des périodes dites de fenêtres de trading pendant lesquelles leurs employés peuvent vendre leurs actions. Ces fenêtres visent à éviter les délits d’initié et à garantir que les actions ne soient pas vendues sur la base d’informations confidentielles internes.
En général, les fenêtres de trading (vente) s’ouvrent après la publication des résultats trimestriels de l’entreprise et durent quelques jours ou semaines. En dehors de ces périodes, la vente d’actions peut être interdite pour les salariés.
Les salariés doivent donc se renseigner auprès de leur entreprise pour connaître les fenêtres de vente autorisées.
Obligations de conservation supplémentaires (Lock-up period)
Certaines entreprises imposent également des périodes de conservation obligatoire après la fin de la période de vesting. C’est ce qu’on appelle la lock-up period, une période pendant laquelle le salarié ne peut pas vendre les actions, même si elles sont acquises.
La durée de cette période varie selon les entreprises, mais elle peut aller de 6 mois à 1 an après la fin de la période de vesting.
Stratégie de revente
Une fois que les actions sont vestées et que les éventuelles restrictions sont levées, il est important de définir une stratégie de revente. En fonction des fluctuations du marché, des performances de l’entreprise et des objectifs financiers personnels, les salariés peuvent choisir de :
- Vendre immédiatement après le vesting pour encaisser les gains.
- Conserver les actions pour espérer une appréciation future de leur valeur.
Cependant, il est essentiel de tenir compte des implications fiscales lors de la vente des actions, notamment la taxation des plus-values, afin d’optimiser votre gestion patrimoniale. En effet, si un gouvernement décide de remettre en cause la Flat Tax dans les mois ou années qui arrivent, l’imposition d’une éventuelle plus-value va fortement augmenter pour de nombreux contribuables.
RSU et mobilité internationale
Si vous avez été en mobilité internationale pendant la période de vesting de vos RSU, la fiscalité se complique. Le gain d’acquisition est en effet proratisé en fonction du temps passé en France pendant la période de vesting.
Exemple : Thomas reçoit des RSU avec une période de vesting de 4 ans. Il passe les 2 premières années en France, puis les 2 suivantes à Singapour. Au moment du vesting, son gain d’acquisition est de 400 000 euros. Seule la moitié (200 000 euros) sera imposable en France, correspondant aux 2 années d’activité sur le territoire français.
Les règles varient selon les conventions fiscales bilatérales. Si vous êtes dans cette situation, l’accompagnement par un professionnel est fortement recommandé pour éviter la double imposition et optimiser votre déclaration.
Pour les non-résidents fiscaux français, le gain d’acquisition de source française est soumis à une retenue à la source spécifique (article 182 A ter du CGI).
CEHR : la surtaxe à anticiper pour les gros packages RSU
La Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) est un impôt supplémentaire souvent oublié dans les simulations. Elle s’ajoute à l’IR et aux prélèvements sociaux et peut représenter un surcoût significatif pour les salariés avec des packages RSU importants.
Les taux de la CEHR sont les suivants :
- 3 % sur la fraction du revenu fiscal de référence comprise entre 250 000 et 500 000 euros (personne seule) ;
- 4 % sur la fraction qui excède 500 000 euros.
Pour un couple, les seuils sont doublés (500 000 et 1 000 000 euros).
Exemple : un salarié célibataire avec un revenu fiscal de référence de 600 000 euros (salaire + gain d’acquisition RSU) paiera : 3 % sur 250 000 euros (soit 7 500 euros) + 4 % sur 100 000 euros (soit 4 000 euros) = 11 500 euros de CEHR, en plus de son IR et de ses prélèvements sociaux.
Le gain d’acquisition des RSU (qualifiées comme non qualifiées) entre dans le calcul du revenu fiscal de référence, même l’année où il n’est pas encore imposé à l’IR (pour les RSU qualifiées). La CEHR peut donc frapper fort l’année de la cession. C’est un point à anticiper, notamment en étalant les cessions sur plusieurs années fiscales.
Les points pratiques à retenir si vous touchez des RSU
- Lorsque vous percevez des RSU, le montant apparait sur votre bulletin de paie, que le plan soit qualifié ou non.
- La valeur des RSU n’est pas connue au moment de la signature du contrat : elle dépend du cours de l’action au jour du vesting, qui peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
- Si vous avez des RSU qualifiées, pensez à ajuster votre taux de prélèvement à la source pour lisser l’impact fiscal et éviter un rattrapage important.
- Dans la négociation de votre package, ne misez pas tout sur les RSU : l’imposition est élevée et le cours de l’action peut baisser. Un package équilibré entre fixe et RSU est préférable.
- Si vous vendez vos actions aux Etats-Unis, vous récupérez des dollars. Pour les rapatrier en euros avec des frais réduits, des services comme Wise ou Revolut offrent des taux de change plus compétitifs que les banques traditionnelles.
- Conservez tous vos justificatifs fiscaux : relevés E*Trade/Schwab, confirmations de vesting, rapports de vente. Ils sont généralement téléchargeables depuis la plateforme.
RSU : on vous promet 100 000 €, combien vous reste-t-il vraiment ?
C’est le sujet qui fâche. Quand un recruteur vous annonce un package avec « 100K de RSU », il faut comprendre que ce n’est pas 100 000 € qui arriveront sur votre compte. Loin de là. Entre l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026), la contribution salariale et les cotisations, l’écart entre le package annoncé et le net perçu peut donner le tournis.
Voici ce que vous conservez réellement selon votre profil (TMI à 41 %, sans CEHR) :
| Package RSU annoncé | RSU qualifiées Net après impôts | RSU non qualifiées Net après impôts |
|---|---|---|
| 100 000 € | 60 900 € Vous gardez 61 % | 37 000 € Vous gardez 37 % |
| 300 000 € | 182 700 € Vous gardez 61 % | 111 000 € Vous gardez 37 % |
| 500 000 € | 261 300 € Vous gardez 52 % | 185 000 € Vous gardez 37 % |
Le constat est clair : avec un plan non qualifié, vous perdez presque les deux tiers de vos RSU. Et même avec un plan qualifié, la fraction au-delà de 300 000 € est lourdement taxée.
Pour autant, les RSU ne sont pas une arnaque. Ce sont des revenus que vous n’auriez tout simplement pas sans ce dispositif. Un salarié qui touche 100 000 € de RSU qualifiées conserve environ 61 000 € nets sans avoir investi un centime. Aucun placement ne vous offre ça. Le vrai problème, c’est le décalage entre le montant affiché dans l’offre d’embauche et la réalité du net perçu. C’est pourquoi il est essentiel de simuler votre net réel avant de signer et de mettre en place une stratégie de cession adaptée.
3 leviers pour optimiser vos RSU : étaler les cessions sur plusieurs années pour rester sous le seuil des 300 000 €, vérifier si votre plan peut être qualifié (demandez le « French sub-plan » à votre RH), et coordonner les cessions avec vos autres revenus pour limiter l’impact de la CEHR. Un conseiller en gestion de patrimoine peut vous aider à structurer cette stratégie.
Demandez à votre service RH ou « Stock Administration » si votre entreprise a mis en place un « French qualified sub-plan ». Ce sous-plan adapte le plan RSU aux exigences du Code de commerce français (période d’acquisition d’au moins 1 an, cumul acquisition + conservation d’au moins 2 ans, décision d’AGE). Sans ce sous-plan, vos RSU sont non qualifiées et imposées comme un salaire.
Trois obligations : 1) Déclarer le compte titres étranger (E*Trade, Schwab…) via le formulaire 3916-bis (case 8UU). 2) Déclarer le gain d’acquisition : en cases 1TZ et 1WZ pour les RSU qualifiées post-2018, ou vérifié dans le salaire pré-rempli (case 1AJ) pour les non qualifiées. 3) Déclarer la plus-value de cession en case 3VG de la 2042C.
Pour les RSU qualifiées post-2018, le taux effectif global est d’environ 38 à 39 % pour un contribuable à la TMI de 41 % (fraction inférieure à 300 000 euros). Ce taux inclut l’IR après abattement de 50 % et les prélèvements sociaux de 18,6 % calculés sur le gain brut. Pour les RSU non qualifiées, le taux peut dépasser 58 % (IR + cotisations sociales classiques).
Le sell-to-cover est un mécanisme automatique par lequel l’entreprise vend une partie de vos actions au moment du vesting pour payer les impôts et cotisations sociales dus. Le taux appliqué par défaut est souvent le taux marginal maximum (45 % + PS), ce qui signifie que vous pouvez récupérer une partie du trop-versé lors de votre déclaration d’impôts.
Non. Les actions issues de RSU ne sont pas éligibles au PEA (Plan d’Épargne en Actions). Elles restent sur un compte-titres ordinaire, généralement hébergé chez un courtier américain (E*Trade, Schwab, Morgan Stanley).
Le W-8BEN est un formulaire fiscal américain qui atteste de votre résidence fiscale française auprès du courtier. Il permet de bénéficier de la convention fiscale franco-américaine et d’éviter une retenue à la source de 30 % aux États-Unis. Il est à renouveler tous les 3 ans.
3 commentaires
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Merci pour cet article très clair
Finalement, les RSU ce n’est pas aussi intéressants qu’on veut nous le faire croire
est ce qu amazon maintient le salaire de ses salariés en cas de maladie
merci beaucoup
Bonjour,
En cas d’arrêt maladie, le maintien de salaire chez Amazon dépend de plusieurs facteurs : votre contrat de travail, votre ancienneté, et la convention collective applicable.
Si Amazon applique la subrogation, cela signifie que l’entreprise perçoit les indemnités journalières de la Sécurité sociale et continue à vous verser votre salaire (en totalité ou en partie) pendant votre arrêt.
Dans le cas contraire, vous recevrez directement des indemnités journalières de l’Assurance Maladie, qui représentent en général 50 % de votre salaire brut journalier (avec un délai de carence de 3 jours).
Pour savoir ce qui s’applique à vous, il est recommandé de consulter votre contrat ou le service RH d’Amazon.