Comment fonctionne une succession entre frère et sœur ?

Benoît Fruchard

Rédigé par

Benoît Fruchard

Mis à jour le

04 juin 2025

Sommaire

    Vous avez un frère ou une sœur et vous souhaitez leur transmettre une partie de votre patrimoine ? Malheureusement, les frères et sœurs ne sont pas des héritiers prioritaires et les droits de succession sont très élevés. En effet, la succession entre frère et sœur est limitée à la quotité disponible et dépend de votre situation matrimoniale. Quel est le montant des droits de succession ? A combien s’élèvent les frais de notaire pour une succession entre frère et sœur ? Peut-on favoriser l’un d’entre eux ? On vous dit tout !

    Simulez le montant de la succession après impôts

    *Il s’agit de votre part d’héritage, si vous êtes plusieurs frères et sœurs, ne mettez que votre part.

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    Quelle succession en l’absence de testament ?

    La part d’héritage que peut recevoir un frère ou une sœur va dépendre de la situation matrimoniale du défunt et de la présence ou non de descendants ou d’ascendants.

    Ainsi, si aucun testament n’a été prévu, c’est la loi qui désigne l’ordre des héritiers, à savoir :

    • Le défunt n’a pas de descendant et pas de conjoint :
      • 1/4 pour le père
      • 1/4 pour la mère
      • 2/4 pour les frères et sœurs
    • Le défunt n’a pas de descendants et pas de conjoint et un seul parent en vie :
      • 1/4 pour le père ou la mère
      • 3/4 pour les frères et sœurs
    • Le défunt à des enfants : les frères et sœurs reçoivent au mieux la quotité disponible de la succession.
    • Si le défunt était marié, le conjoint reçoit au minimum 1/4 de la succession. Toutefois, les frères et sœurs bénéficient d’un droit de retour sur la moitié du patrimoine familial (immobilier, meuble, bijoux…) reçu par donation.  Le droit de retour signifie que le bien reçu en donation ou en héritage au défunt revient dans la succession. Par exemple, le défunt a hérité de ses parents d’un bien d’une valeur de 100 000 €, le frère ou la sœur peut alors exercer son droit de retour et recevoir la moitié du bien en indivision.

    En résumé, les frères et sœurs héritent de la totalité uniquement en l’absence d’héritiers prioritaires.

    Comme vous le constatez, peu de considération au niveau de la loi pour les frères et sœurs. D’autant que les droits de succession sont élevés !

    Quels sont les droits de succession entre frère et sœur ?

    Les droits de succession entre frère et sœur se calculent selon le barème suivant après un abattement de 15 932 € :

    Part d’actif net successoral taxableBarème applicable
    Jusqu’à 24 430 € inclus35%
    Supérieure à 24 430 €45 %
    Droits de succession entre frère et soeur

    L'abattement peut être relevé à 159 325 € si l’héritier est handicapé.

    A ces droits de succession s’ajoutent les frais de notaire, qui sont réglementés en fonction du travail effectué.

    droit succession frere soeur abattement

    Calcul de la succession : un exemple concret

    Imaginons que le défunt n’a ni héritier ni conjoint, et lègue à sa sœur un bien d’une valeur de 250 000 €.

    Elle bénéficie d’un abattement de 15 932 € ramenant l’actif net successoral taxable à 234 068 €.

    Ainsi, le montant des droits de succession hors frais de notaire s’élève à 102 888,10 €

    Le calcul selon le barème des droits de succession entre frère et sœur sera le suivant :

    • 24 430 € x 35% = 8 551 €
    • (234 068 € - 24 430 €) x 45 % = 94 337,10 €
    • Total des droits à payer : 8 551 € + 94 337,10 € = 102 888,10 €

    Le montant de la succession sera donc de 147 112 €.

    Les droits de succession sont extrêmement élevés. C’est pourquoi, il existe des solutions pour diminuer le coût d'une succession entre frère et sœur !

    Comment diminuer (ou supprimer) les frais de succession entre frère et sœur ?

    Afin de favoriser un frère ou une sœur et éventuellement baisser les droits de succession, quelques solutions existent.

    Prévoir un testament pour transmettre un héritage à un frère ou une sœur

    Préparer un testament peut être une solution pour favoriser un frère ou une sœur. En effet, comme nous l’avons vu en cas de descendance du défunt, les héritiers collatéraux ne sont pas des héritiers prioritaires.

    Les héritiers réservataires sont les enfants et en absence d’enfant, le conjoint.

    Néanmoins, les dispositions testamentaires doivent respecter certaines règles à savoir :

    • Si le défunt n’a pas d’héritiers réservataires ni de conjoint : Dans ce cas, il peut transmettre son héritage à ses frères et sœurs selon les proportions de son choix.
    • Si le défunt n’a pas d’enfants mais il est marié : La réserve héréditaire est de 1/4 pour le conjoint survivant. Néanmoins, il peut hériter de tout, à l'exception des biens que le défunt avait reçus de ses parents. La moitié de ces biens revient aux frères et sœurs du défunt ou à leurs enfants ou petits-enfants.
    • Si le défunt a un ou plusieurs enfants : Dans ce cas, il ne peut disposer uniquement de la quotité disponible qui correspond à la part du patrimoine restant. En effet, la part d’héritage réservée aux enfants est la suivante : 1/2 des biens pour un enfant, 2/3 des biens pour deux enfants, 3/4 des biens pour 3 enfants et plus.

    Exemple : le défunt à un patrimoine de 200 000 € et 3 enfants. Les enfants vont se partager 75% soit 150 000 € à parts égales. Le montant de 50 000 € représentant 25% du patrimoine correspond à la quotité disponible dont le défunt peut distribuer aux personnes de son choix.

    Il est conseillé de rédiger un testament avec un notaire afin d’éviter les erreurs qui pourraient compliquer la succession dans le cas où la réserve héréditaire n’est pas respectée.

    Réaliser une donation de son vivant en faveur de son frère ou sa sœur

    Toujours en respectant le droit des héritiers réservataires, il est possible de faire une donation de son vivant à ses frères et sœurs.

    Ainsi, vous pouvez donner tout type de bien (mobiliers ou immobiliers), argent, voiture… tant que vous vous limitez à la quotité disponible. En revanche, les frais de donations sont calculés de la même manière que les droits de succession.

    Un notaire est obligatoire lors d’une donation simple ou d’une donation-partage. En revanche, vous n’en avez pas besoin pour un don d’argent, bijou, œuvre d’art, ou encore une voiture.

    Si vous souhaitez transmettre un bien immobilier de votre vivant, il peut s'avérer judicieux de réaliser une donation avec réserve d’usufruit à votre frère ou sœur. En d’autres termes, vous donnez la nue-propriété et gardez l’usufruit c’est-à-dire la jouissance du bien. Ce procédé présente deux avantages :

    • Vous allégez le montant des droits de donation, car ils seront calculés sur la valeur de la nue-propriété.
    • Votre frère ou sœur récupère la pleine propriété à votre décès sans frais supplémentaires.

    Par ailleurs, pour que la donation ne soit pas rapportable à la succession, il convient d’opter pour une donation hors part successorale. En effet, elle permet d’avantager un des héritiers dans la limite de la réserve héréditaire. Néanmoins, il est possible de dépasser la quotité disponible sans remettre en cause la succession. Pour cela, il suffit que les héritiers réservataires l’aient accepté par avance. C’est ce que l’on appelle la « renonciation anticipée à l’action en réduction ».

    Réaliser une succession en faveur de son frère ou sa sœur grâce à l’assurance vie !

    Donation ou succession, les frères et sœurs vont devoir payer des frais élevés.

    Des solutions existent néanmoins pour éviter de payer des frais de succession trop élevés entre frères et sœurs. Afin d’alléger considérablement les frais liés à un héritage, la meilleure option reste encore de souscrire un contrat d’assurance vie.

    En effet, le bénéficiaire peut être la personne de votre choix même en dehors des héritiers réservataires. Mais l’assurance vie en matière de succession permet surtout d’augmenter l’abattement prévu pour un frère ou une sœur et donc de réduire l’imposition.

    Attention néanmoins, selon la date de versement des primes par le défunt, la fiscalité et l’abattement diffèrent, à savoir :

    • Après 70 ans : les primes versées sont soumises aux droits de succession après un abattement de 30 500 €.
    • Avant 70 ans : les primes versées sont soumises à un prélèvement forfaitaire de 20% après un abattement de 152 500 €. Au-delà de 852 500 € la taxation passe à 31.25%.

    L’assurance vie permet donc de transmettre un héritage à un frère ou une sœur en échappant aux droits de succession tant que les primes ont été versées avant les 70 ans du défunt.

    Exemple : Le capital d’une assurance vie est de 250 000 €. Le frère du défunt est le bénéficiaire. Il sera taxé sur la somme de 97 500 € pour un montant de 19 500 €. Alors que dans notre exemple précédent les droits de succession sur un héritage à 250 000 € étaient de 102 881,10 € !

    Vivre avec le défunt depuis 5 ans pour passer de 45 à 0% !

    La solution ultime réussir à ne pas payer de droits de succession consiste à vivre avec votre frère ou votre soeur avant son décès. Pour cela il faudra cependant respecter quelques autres conditions définies par l'article 796-0 ter :

    • Vivre avec lui depuis au moins 5 ans au moment de son décès (et pouvoir le prouver). En effet, si par exemple votre résidence fiscale déclarée est différente de celle de votre frère ou soeur, cela posera problème.
    • Que votre frère ou soeur soit âgé d'au moins 50 ans au moment de son décès ou atteint d'une infirmité.
    • Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé.

    Si ces 3 conditions sont respectées, vous n'aurez pas de droit de succession !

    Préparez votre succession avec un expert en gestion de patrimoine
    L'auteur
    Photo Benoît Fruchard

    Benoît Fruchard

    Fondateur de Cleerly - Conseiller en gestion de patrimoine

    Benoît Fruchard est passionné de finances personnelles depuis son plus jeune âge. Après une licence d'économie à l'Université de Nantes puis un Master à l'Université de Bordeaux, il rentre en école de commerce à Rouen. Il a travaillé 2 ans au sein de la BNP Paribas puis 5 ans chez un courtier en ligne. En 2021, il a créé Cleerly, un cabinet en gestion de patrimoine et un site pour démocratiser les finances personnelles... en savoir plus

    24 commentaires

    Vos questions et nos réponses d'experts

    1. AZZI Gérald

      Bonjour,
      Notre mère est décédée il y a maintenant deux ans. La succession a été parfaitement faite entre mon frère, ma sœur et moi même. Mon frère est décédé il y a un an et la succession a été faite entre ses enfants. Ma sœur est sous tutelle et est placée dans un établissement spécialisé, en effet ma sœur Violaine est handicapée mental. J’ai repris la tutelle à la place de notre mère.
      Ma sœur a deux assurances vie, sans précision sur les bénéficiaires ( assurances effectuées par ma mère qui était sa tutrice) Je souhaiterais savoir en cas de décès de ma sœur, qui bénéficiera réellement de ses deux assurances?
      Cordialement,
      Mr AZZI Gérald

    2. Cuenin

      Je suis légataire de ma sœur décédée son patrimoine bancaire doit être de 1oo ooo euros. Quelle somme puis je espérer toucher

    3. Catherine

      Bonjour

      Ma tante est decedee celibataire sans enfants.
      Ses parents et 4 freres et soeurs sont aussi décèdes avant elle.

      Il y a 4 neveux d une soeur
      Il y a 1 neveu d un frere
      Il y a 1 neveu d un autre frere et 1 petit neveu.
      Aucun neveu ni enfant du 4eme frere.

      Comment ces descendants herites,
      Quels abattements
      Quels taux de droit de succession

      Pourriez vous nous donner un exemple chiffre sur la base de par exemple 500 000 euros.

      Merci

      S il n y a pas de testament,

    4. Pol

      Bonjour,

      Ma sœur décédée était veuve sans enfant et nos deux parents sont également décédés.
      Nous sommes deux frères et deux sœurs plus un frère décédé ayant eu une fille unique.

      Ma sœur décédée ne voulait pas que notre nièce qui a renié notre famille, hérite d’une partie de son patrimoine, mais malheureusement, elle n’a pas rédigé de testament.

      La succession s’effectuant entre frères et sœurs et non du père (ou de la mère) vers ses enfants, est-il normal que la fille de mon frère décédé puisse hériter d’une part égale à la nôtre alors qu’elle n’est pas située au même rang que nous ?

      Ne devrait-elle pas hériter uniquement de l’équivalent de la moitié de notre part, ce qui ferait 2 demies parts (2/2) pour chaque frère et sœur et une demie part (1/2) pour notre nièce.

      Soit 2/2 + 2/2 +2/2 + 2/2 + 1/2 = 9/2 et ainsi notre nièce n’hériterait que de 1/9 du patrimoine de ma sœur décédée.

      Cordialement,

      Pol

    5. Combes nicole

      Je suis célibataire je possède une maison j’ai 2 sœurs les droit de succession sont très important comment faire pour les diminuer en sachant qu a ma mort mes sœurs n auront pas les moyens de les payer

    6. Danneels Roger

      Bonjour
      Mon beau-frère est décédé. Il a fait un testament dans lequel son frère et sa soeur sont héritiers.
      Malheureusement sa soeur(mon épouse) est décédée depuis . Nous avons 3 enfants .On me dit que dans ce cas le frère restant est seul a hériter. Est-ce vrai ?
      Cordialement

    7. Fredon

      Bonjour, ma sœur est décédée divorcée sans enfant, ma mère est vivante, comment se fera le partage de ses comptes bancaires, nous sommes 5 frères et sœurs, et maman. Cordialement.

    8. Joly Philippe

      Mon frère célibataire vient de décéder. Sans Testament . Il reste notre mère et 2 frères (moi et mon frère)
      l’actif devrait être de 180 000 €
      Quel seront les montant de l’héritage pour chacun et les droits à régler pour chacun.
      Merci de votre attention. Cordialement

    9. BROUTIN FRANÇOIS

      Bonjour,
      J’aurais une question à vous poser ?
      Ma tante vient de décéder.
      Elle a un frère encore vivant (mon oncle).
      Elle avait une sœur qui est décédé (ma mère).
      Etant son neveu, ai-je droit à une succession du fait que ma mère est décédée.
      Par avance, merci de votre réponse
      Cordialement
      M. BROUTIN

    10. Mireille

      Bonjour,

      Nous sommes deux frère et sœur d’une fratrie de trois enfants à occuper la maison que nous ont léguée nos parents. Notre frère aîné est décédé. Il était marié et avait un enfant handicapé mental. Notre belle-sœur et notre neveu habitent dans un autre département.
      Mon frère et moi-même sommes célibataires, sans enfant, et nous occupons ensemble la maison familiale, dont nous sommes les héritiers indivisaires (à trois), depuis plus de dix ans. Nous avons tous les deux plus de cinquante ans (moi-même, j’en ai soixante-dix).
      Nous avons pris soin de rédiger un testament en faveur l’un de l’autre auprès d’un notaire. Lorsque notre mère est décédée, notre père l’était déjà. J’ai donc mis mon appartement en location pour ne pas le laisser vide et suis venue habiter avec mon frère dans la maison de nos parents.

      À mon décès, qu’en sera-t-il de ce qui pourra être prélevé à mon frère sur mes économies et mon appartement ?

      En vous remerciant pour votre réponse.

      Cordialement,

    11. palmier

      je dois hériter de mon frère décence le 5 janvier 2025
      ont était en indivision , sur la maison de nos parents, il n’a jamais été marié, et n’a pas eut d’enfants.
      Ont a vécu ensemble de 2014 a 2022
      est ce que je peut prétendre a la clause d’hors frais de succession ?
      cette maison a été évaluée a 160 000 € en 2024, lors du décès de notre mère.
      est il possible aujourd’hui de diminuer sa valeur ?
      lorsque les 6 mois seront ecoué, pour ouvrir la successon

    12. Christine

      Bonjour,
      De son vivant, sans conjoint, ni enfant, ma soeur m’avait fait une donation hors part successoral avec nue propriété et usufruit d’un bien.
      A son décès, le bien m’appartient me dit le notaire
      Nous sommes plusieurs frères et soeurs. Il y a conflit, suite à cette donation et depuis on ne se communique plus.
      Je voudrais vendre mon bien, est-ce qu’ un acte de notoriété est indispensable pour vendre le bien reçu en donation ?
      Est-ce que l’acte de notoriété peut se faire sans ouverture de la succession ?

      Merci d’avance pour votre réponse,
      Cordialement

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