PER ou assurance-vie : comment choisir ?

Expert
Mis à jour le 15 mai 2023

Depuis plusieurs années, l’assurance vie figure parmi les placements préférés des Français qui souhaitent préparer leur retraite. Mais le nouveau PER, créé en 2019 par la loi Pacte commence sérieusement à lui faire concurrence. Plus souple que les anciens produits d’épargne retraite, il présente de nombreux avantages. Comme l’assurance vie, le PER bénéficie d’une fiscalité intéressante et permet de sortir en rente, en capital, ou en capital fractionné. Quel contrat choisir pour préparer sa retraite ? Quelles sont les différences en matière de fiscalité et de flexibilité ? Lequel est le plus avantageux ? Nous vous aidons à faire votre choix entre PER et assurance vie.

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Quelles sont les différences entre le PER et l’assurance vie ?

Il existe de nombreuses similarités entre l’assurance vie et le PER. Et pour cause, le PER fonctionne sur le même modèle qu’une assurance vie multi-supports. Comme cette dernière, il permet donc d’investir sur deux grands types de support d’investissement : 

De même, les deux contrats offrent la possibilité de choisir entre  : 

La différence la plus importantes entre le PER et l’assurance vie est la durée du contrat :

Vous pouvez simuler votre rente avec un PER avec notre outil interactif.

PER vs l’assurance vie : quel est le meilleur contrat d’un point de vue fiscal ?

L’assurance vie et le PER permettent tous les deux d’épargner et d’investir tout en bénéficiant d’une fiscalité intéressante. Ainsi, le PER permet une économie d’impôt à l’entrée tandis que l’assurance vie offre une fiscalité avantageuse à la sortie.

La fiscalité du Plan Épargne Retraite Individuel

Dans le cadre d’un PER, l’avantage fiscal est proposé à l’entrée. En effet, les versements effectués sur votre plan sont déductibles de votre assiette fiscale. En faisant baisser votre revenu imposable, vous réalisez donc une économie sur le paiement de votre impôt. La déduction n’est cependant possible que dans les limites d’un plafond qui dépend de votre statut professionnel.

Si vous êtes salarié, fonctionnaire ou assimilé, vos versements sont déductibles dans la limite du plus élevé de ces deux plafonds :

Si vous êtes travailleur non salarié, le plafond applicable est le plus élevé de ces deux montants :

La baisse d’impôt obtenue avec un PER est proportionnelle à la tranche marginale d’imposition à laquelle vous êtes soumis. Plus celle-ci est élevée, plus le gain fiscal obtenu sera important. De ce fait, la déduction est surtout intéressante pour les contribuables les plus imposés. Si vous êtes peu ou pas imposé, il peut être judicieux de renoncer à déduire vos versements. Vous bénéficierez alors d’une fiscalité plus douce à la sortie !

La fiscalité de l’assurance vie

Pour l’assurance vie, c’est la fiscalité à la sortie qui est avantageuse. Lorsque vous effectuez un rachat, la part correspondant à vos versements n’est pas taxée. Seuls vos gains sont imposés, selon une fiscalité qui dépend de l’âge de votre contrat.

Après 8 ans de détention, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur vos intérêts et plus values de 4 600€ par an pour une personne seule, et 9 200€ pour un couple. Pour les rachats effectués avant 8 ans ou qui excèdent l’abattement, vous pourrez opter pour :

Ancienneté du contratFiscalité
De 0 à 8 ans Prélèvement Forfaitaire Unique ( PFU) composé de :

12,8% d’impôt sur le revenu
+ 17,2% de prélèvement sociaux
Plus de 8 ans Vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire ou de 9 200 € pour un couple. La fiscalité dépend ensuite des sommes épargnées.

Pour les versements jusqu’à 150 000 € :
  7,5 % d’impôt sur le revenu
  17,2% de prélèvement sociaux

Pour les versement au delà de 150 000 € :
  12,8% d’impôt sur le revenu
  17,2% de prélèvement sociaux
Fiscalité en fonction de l’âge du contrat d’assurance vie

Dans le cas d’une sortie en rente, votre épargne est taxée selon le régime de la rente viagère à titre onéreux. Vous ne serez donc imposé que sur une fraction de votre rente, qui dépendra de votre âge lorsque vous la percevrez pour la première fois.

Pour une sortie en capital, l’assurance vie propose donc une fiscalité à la sortie plus douce que celle du PER, et pourra s’avérer plus avantageuse pour les épargnants faiblement imposés.

PER et succession, est-ce plus intéressant que l’assurance vie ?

Le fonctionnement du PER assurance en cas de décès s’inspire de celui de l’assurance vie. Les deux contrats permettent ainsi de transmettre (à certaines conditions) le capital hors succession. Attention toutefois, ce qui suit ne s’applique qu’au PER « assurance ». Pour un PER bancaire (qui s’apparente à un compte titre) les fonds sont versés à la succession sans avantage particulier.

Assurance vie et succession : quels avantages fiscaux ?

Dans le cadre d’une assurance vie, l’épargnant désigne un ou plusieurs bénéficiaires auxquels reviennent le capital en cas de décès. Néanmoins, il faut faire une distinction entre les versements réalisés avant 70 ans et ceux effectués après 70 ans.

Pour les primes versées avant 70 ans

Dans ce cas de figure, chaque bénéficiaire jouit d’un abattement fiscal de 152 500 €. Les sommes transmises sont ensuite taxées à hauteur de 20 % entre 152 501 € et 852 500 €, et à 31,25 % au-delà. 

Pour les primes versées après 70 ans

Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement n’est plus que de 30 500 € pour tous bénéficiaires et tous contrats d’assurance vie confondus.

Le PER assurance : Un peu moins avantageux dans certains cas

Moins intéressant en cas de décès après 70 ans

Pour le PER assurance, le fonctionnement est identique, mais c’est l’âge lors du décès qui détermine le traitement fiscal des sommes transmises. En cas de décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite donc d’un abattement de 152 500 €, qui descend à 30 500 € au total si le décès intervient après 70 ans. Le montant qui excède cette limite réintègre alors la succession, sauf si vous avez désigné votre conjoint dans la clause bénéficiaire.

La clause bénéficiaire : un moyen de contourner les droits de succession

Globalement, l’assurance vie reste donc un outil de succession plus efficace que le PER, en particulier lorsque le lien de parenté avec le bénéficiaire est lointain ou inexistant. Le PER peut cependant s’avérer très intéressant si les bénéficiaires sont le conjoint (totalement exonéré de droits de succession) ou les enfants, qui disposent d’un abattement de 100 000 euros chacun sur l’ensemble de la succession. Dans ce cas, le PER permet de transmettre un capital relativement important qui n’aura été fiscalisé ni à l’entrée, ni à la sortie.

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Transférer une assurance vie vers un PER, est-ce que cela vaut le coup ?

Jusqu’au 1er janvier 2023, vous pouviez transférer votre assurance vie vers un PER en profitant d’un double avantage fiscal. Techniquement, vous allez en fait effectuer un rachat (total ou partiel) de votre assurance vie. Vous verserez ensuite les sommes retirées sur votre PER. Les conditions pour ce transfert sont les suivantes :

Vous bénéficierez alors d’un abattement doublé sur les gains de votre assurance vie. Le montant maximum de l’abattement passera donc à 9 200 € pour un célibataire et 18 400 € pour un couple. De plus, les sommes transférées seront prises en compte comme un versement, que vous pourrez déduire de votre assiette fiscale. Cette opération vous permet ainsi d’obtenir une baisse d’impôt sans effort d’épargne supplémentaire.

Il s’agit donc d’une option particulièrement intéressante si vous déteniez un contrat d’assurance vie peu satisfaisant que vous ne souhaitez pas conserver. D’autant que, contrairement au PER, l’assurance vie n’est pas transférable vers un autre établissement. Mais pour profiter de cette opportunité, il faudra accepter de bloquer votre épargne jusqu’à l’âge de la retraite.

PER ou une assurance vie : notre avis global pour vous décider

De nombreux épargnants optent pour l’assurance vie afin de préparer leur retraite. Et pour cause, les anciens produits d’épargne retraite souffraient d’un fonctionnement trop rigide et complexe qui les rendait peu attractifs. Mais l’instauration du nouveau PER par la loi Pacte de 2019 a changé la donne.

Avec l’ajout d’une possibilité de sortie en capital et d’un cas de déblocage anticipé pour acquérir une résidence principale, le PER a bénéficié d’améliorations majeures. De plus, le régime applicable en cas de transmission offre une meilleure protection de l’entourage que les anciens contrats. Choisir l’assurance vie pour préparer sa retraite ne se justifie donc plus forcément. D’autant que contrairement à celle-ci, le PER permet de défiscaliser ses versements et constitue une option particulièrement intéressante pour les contribuables fortement imposés.

Dans certains cas, vous pouvez cependant avoir intérêt à souscrire une assurance vie plutôt qu’un PER pour préparer votre retraite :

En dehors de l’objectif spécifique de la retraite, PER et assurance vie sont très complémentaires et il est intéressant de cumuler les deux. Votre PER vous permettra ainsi de préparer votre retraite en défiscalisant une partie vos revenus tandis que l’assurance vie vous offrira davantage de souplesse pour faire face aux imprévus et financer vos projets.

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2 commentaires
dutal jean pierre, le 12 septembre 2023

Bonjour ;
Le plafond de transmission sans droits du PER jusqu'à 152 500 euros se cumule t'il avec celui de l'assurance vie ou bien est ce 152500 au total pour les 2 produits ?

Répondre
Notre expert
Benoît Fruchard, le 21 septembre 2023

Bonjour,
Il n’y a pas de cumul, le plafond concerne les 2 produits.

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