Comment investir 100 000 euros en 2026 ?

Benoît Fruchard

Rédigé par

Benoît Fruchard

Mis à jour le

11 juin 2026

Sommaire

    Vous avez 100 000 € à placer et vous cherchez la meilleure stratégie ? Je vais être direct : il n’existe pas de placement miracle, et quiconque vous promet du 10 % garanti vous ment. En revanche, il existe une méthode qui fonctionne : sécuriser votre épargne de précaution, utiliser les bonnes enveloppes fiscales, puis répartir selon votre horizon et votre tolérance au risque. Voici comment j’aborde la question avec mes clients en 2026, avec les vrais chiffres du moment : Livret A à 1,5 %, fonds euros à 2,6 % en moyenne, SCPI à 4,91 % de distribution, et une fiscalité qui a changé cette année avec un PFU passé à 31,4 %, dont l’assurance vie est la grande exception.

    L’essentiel

    • Aucun placement unique ne convient pour 100 000 € : la bonne réponse est une allocation répartie entre sécurité, immobilier et actions, calée sur votre horizon.
    • Les repères 2026 : Livret A et LDDS à 1,5 %, fonds euros à 2,6 % en moyenne (jusqu’à 4 % pour les meilleurs), SCPI à 4,91 % de distribution moyenne, ETF monde autour de 7 % par an en moyenne historique (non garanti).
    • Nouveauté fiscale 2026 : le PFU passe à 31,4 %, mais l’assurance vie conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 %. Avec le PEA, c’est l’enveloppe à privilégier.
    • Selon le profil, 100 000 € bien investis rapportent de 2 000 à 6 500 € par an en espérance, soit environ 165 à 540 € par mois.
    • Avant tout : 3 à 6 mois de dépenses en épargne de précaution, et jamais d’investissement dont vous ne comprenez pas le mécanisme.

    Combien rapportent 100 000 € placés en 2026 ?

    C’est la première question que tout le monde se pose, alors répondons-y franchement, avec les taux en vigueur en juin 2026 :

    PlacementTaux 2026Gain annuel sur 100 000 ۃquivalent mensuel
    Livret A + LDDS (plafonds : 34 950 €)*1,5 % net1 500 €*125 €*
    Compte à terme2 à 2,5 % brut2 000 à 2 500 €165 à 210 €
    Fonds euros (moyenne 2025)2,6 % net de frais2 600 €215 €
    SCPI (distribution moyenne 2025)4,91 % brut4 910 €410 €
    Actions monde via ETF (moyenne historique long terme, non garantie)environ 7 % brut7 000 €580 €

    *Pour les livrets, le chiffre est théorique : Livret A et LDDS sont plafonnés à 34 950 € de versements par personne, soit environ 525 € d’intérêts réels par an au maximum, auxquels un LEP à 2,5 % peut ajouter 250 € si vous y êtes éligible. Les autres montants sont avant fiscalité et, pour les actions, il s’agit d’une moyenne de très long terme qui cache des années à -20 % comme des années à +25 %. Retenez l’ordre de grandeur : 100 000 € bien placés rapportent entre 1 500 et 2 600 € par an sans aucun risque, et 5 000 à 7 000 € par an en acceptant du risque et du temps. Pas de quoi vivre de rente, mais de quoi changer la trajectoire d’un patrimoine sur 10 ou 20 ans.

    Combien rapporte votre épargne avec les intérêts composés ?

    Ajustez les curseurs pour visualiser la croissance de votre capital année après année.

    Profils indicatifs :

    Capital final estimé

    Total versé

    Intérêts gagnés

    Intérêts composés Capital versé

    Où investir 100 000 € ? Le comparatif des placements en 2026

    Avant d’entrer dans le détail, voici la photographie complète du marché, avec ce que chaque placement apporte réellement (et ce qu’il coûte en risque, en liquidité et en fiscalité) :

    PlacementRendement constaté ou espéréRisque de perteDisponibilitéFiscalité des gains en 2026Rôle dans le portefeuille
    Livrets réglementés1,5 % net (LEP : 2,5 %)AucunImmédiateExonérésÉpargne de précaution
    Compte à terme2 à 2,5 % brutAucunBloquée jusqu’au termePFU 31,4 %Sécuriser un projet daté
    Fonds euros (assurance vie)2,6 % en moyenne 2025, jusqu’à 4 %Aucun (capital garanti)Quelques jours17,2 % de PS, régime de l’assurance vieSocle garanti
    Obligations / fonds datésVariable selon l’échéanceFaible à modéréMoyenneSelon l’enveloppeVisibilité à 2-4 ans
    SCPI4,91 % en moyenne 2025, environ 6 % pour les diversifiéesModéré (capital non garanti)Faible (délais de revente)Barème IR + 17,2 % de PSRevenus réguliers
    Produits structurésRendement conditionnel défini à l’avanceFaible à élevé selon la barrièreBloquée (fenêtres de remboursement)Selon l’enveloppeCouple rendement/protection
    ETF actions mondeEnviron 7 % par an en moyenne historique, non garantiÉlevé à court termeImmédiatePEA : 18,6 % après 5 ansMoteur de performance
    Immobilier locatif (LMNP)Variable selon le bien, levier du crédit possibleModéréTrès faibleRégime BIC, plus-value réformée en 2025Patrimoine avec levier
    Private equityPotentiel élevé, non garantiTrès élevéBloquée 8 à 10 ansSelon le véhiculeDiversification limitée (5 à 10 % max)

    Ce tableau donne des ordres de grandeur : chaque ligne mérite ensuite ses propres vérifications (frais, qualité du gérant, conditions contractuelles). C’est exactement le travail que nous faisons avec nos clients lors d’un bilan patrimonial.

    Les 4 questions à régler avant de placer 100 000 €

    • Votre épargne de précaution est-elle en place ? Avant tout investissement, gardez 3 à 6 mois de dépenses sur des supports disponibles immédiatement (livrets, fonds euros). C’est ce qui vous évitera de vendre au pire moment en cas de coup dur.
    • Quel est votre horizon ? Moins de 3 ans : sécurité et liquidité obligatoires. De 3 à 8 ans : on peut introduire de l’immobilier et une dose d’actions. Plus de 8 ans : les actions deviennent votre meilleur allié, car le temps lisse la volatilité.
    • Quel risque acceptez-vous vraiment ? La bonne question n’est pas « combien je veux gagner » mais « quelle baisse temporaire je peux encaisser sans paniquer ». Un portefeuille actions peut perdre 30 % une année donnée. Si cette idée vous empêche de dormir, votre allocation doit le refléter.
    • Quelle est votre fiscalité ? Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte le PFU à 31,4 %. Grande exception : l’assurance vie, maintenue à 17,2 %. Ce changement rebat l’ordre de priorité des enveloppes, j’y consacre la section suivante.

    Fiscalité 2026 : ce qui change vraiment pour vos 100 000 €

    La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les intérêts, dividendes et plus-values (compte-titres, comptes à terme), ainsi que sur les gains de PEA et de PER. Le PFU global atteint donc 31,4 %. Mais le législateur a explicitement exclu l’assurance vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières de cette hausse : ils restent à 17,2 %. Voici ce que cela donne, enveloppe par enveloppe :

    Gains concernésPrélèvements sociaux 2026Imposition totale type
    Intérêts, dividendes, plus-values sur compte-titres, comptes à terme18,6 %PFU 31,4 % (ou barème + 18,6 %)
    Gains de PEA après 5 ans18,6 %18,6 % au total (exonération d’impôt sur le revenu)
    Gains de PER (sortie en capital)18,6 %31,4 % sur les gains (les versements déduits sont imposés au barème)
    Assurance vie17,2 % (maintenus)30 % avant 8 ans, puis 7,5 % + 17,2 % après abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), 12,8 % au-delà de 150 000 € de versements
    Revenus fonciers et SCPI en direct17,2 % (maintenus)Barème IR + 17,2 %
    Livrets réglementés0 %Exonération totale

    Conséquence pratique : en 2026, la hiérarchie des enveloppes est plus nette que jamais. L’assurance vie et le PEA d’abord, le compte-titres en dernier. Et n’oubliez pas l’autre force de l’assurance vie, intacte : la transmission, avec jusqu’à 152 500 € transmis sans taxation par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans (et un abattement global de 30 500 € pour les versements après 70 ans).

    Investir 100 000 € à court terme (moins de 3 ans)

    Sur un horizon court, on ne cherche pas la performance, on protège le capital. Les options sérieuses en 2026 :

    • Les livrets réglementés : depuis le 1er février 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,5 % net d’impôt. En cumulant les deux, vous placez 34 950 € par personne (le double en couple), garantis et disponibles. Si vos revenus vous y rendent éligible, le LEP à 2,5 % est à remplir en priorité (plafond de 10 000 €).
    • Les comptes à terme : avec la baisse des taux de la BCE, les meilleurs CAT servent désormais autour de 2 à 2,5 % brut sur 12 à 36 mois. Le capital est garanti, mais bloqué, et les intérêts subissent le PFU de 31,4 %.
    • Les fonds monétaires : logés dans un compte-titres ou une assurance-vie, ils suivent les taux courts de la zone euro (l’€STR a oscillé autour de 1,9 à 2 % ces derniers mois). Liquides, très peu risqués, sans plafond.
    • Le fonds euros de l’assurance-vie : 2,6 % nets de frais en moyenne en 2025 selon France Assureurs, et jusqu’à 4 % pour les meilleurs contrats. Capital garanti, retraits possibles à tout moment, et l’antériorité fiscale qui commence à courir : ouvrir un bon contrat tôt est rarement une erreur.
    • Les fonds obligataires datés : pour un horizon connu (2 à 4 ans), ils offrent une visibilité supérieure au monétaire avec un risque modéré, idéalement en assurance-vie pour la fiscalité.

    À court terme, la hiérarchie 2026 est simple : LEP si éligible, puis Livret A et LDDS pour la liquidité immédiate, puis fonds euros et monétaire pour le surplus. Le crowdfunding immobilier, parfois présenté comme un placement court terme à 8-10 %, est en réalité un placement risqué et illiquide : les retards et défauts de projets se sont multipliés, ne l’utilisez qu’en diversification marginale.

    Valoriser 100 000 € à moyen et long terme

    Les ETF, le moteur de performance

    Sur plus de 8 ans, rien ne remplace les actions, et la façon la plus efficace d’y investir reste les ETF : des fonds indiciels à frais réduits qui répliquent des centaines d’entreprises en une seule ligne. Un ETF monde diversifié, logé dans un PEA ou une assurance-vie, a délivré historiquement autour de 7 % par an en moyenne sur longue période. Ce n’est ni garanti ni linéaire, mais c’est le placement dont l’espérance de rendement à long terme est la plus solide.

    Attention aux ETF sectoriels ou thématiques : des frais bas ne garantissent pas la performance, et un secteur concentré peut enchaîner les années rouges, comme l’ont montré les ETF du solaire avec deux années de fortes baisses consécutives en 2023 et 2024. Pour le cœur de portefeuille, restez sur des indices larges et diversifiés.

    Les produits structurés, pour un couple rendement/protection sur mesure

    Entre le fonds euros et les actions, les produits structurés permettent de viser un rendement défini à l’avance avec une protection partielle ou totale du capital, grâce à une barrière qui vous protège jusqu’à un certain niveau de baisse de l’indice de référence. C’est une de nos spécialités chez Cleerly. À titre d’illustration, parmi les produits que nous avons proposés début 2025 : un produit défensif à 8,40 % de rendement annuel avec une protection totale du capital à l’échéance (risque 1/7, maturité 8 ans), et un produit dynamique à 12 % avec protection du capital jusqu’à 40 % de baisse de l’indice (risque 6/7, maturité maximale 12 ans). Notre offre est renouvelée en permanence selon les conditions de marché : les rendements, barrières et sous-jacents disponibles aujourd’hui vous seront présentés lors d’un échange avec un conseiller.

    Le private equity, en option sur une poche limitée

    Avec 100 000 €, vous pouvez aussi consacrer une petite fraction du capital au non coté : des fonds de private equity accessibles dès quelques milliers d’euros, en direct ou via certaines assurances vie. Le potentiel de performance est réel, mais les règles du jeu sont strictes : argent bloqué 8 à 10 ans, aucune garantie, et un risque de perte élevé. C’est un placement de diversification, jamais un socle : 5 à 10 % du patrimoine au maximum, et seulement une fois le reste construit.

    Générer des revenus complémentaires avec 100 000 €

    Pour transformer un capital en revenus réguliers, l’immobilier reste la voie royale, et les SCPI la façon la plus simple d’y accéder. Les chiffres 2025 de l’ASPIM racontent un marché à deux vitesses : un taux de distribution moyen de 4,91 %, en hausse pour la troisième année consécutive, mais un prix de part moyen encore en recul de 3,45 % sur l’année, soit une performance globale moyenne de +1,46 % une fois la baisse des parts intégrée. Autrement dit, les SCPI versent bien leurs loyers, mais toutes ne se valent pas : les diversifiées récentes affichent autour de 6 % de distribution et des prix stables, quand certaines SCPI de bureaux ou résidentielles anciennes cumulent baisse de dividende et baisse de part. Signe encourageant : 17 SCPI ont relevé leur prix de part en 2025, dont 11 au seul quatrième trimestre. Le marché se stabilise, mais la sélection reste le facteur numéro un.

    Nous privilégions pour nos clients les SCPI jeunes, sans dette excessive, qui collectent et achètent dans le marché actuel à des prix corrigés, comme Iroko Zen, Remake Live ou Transitions Europe.

    Les loyers de SCPI détenues en direct sont imposés à votre tranche marginale plus les prélèvements sociaux (restés à 17,2 % en 2026 sur les revenus fonciers). Pour alléger la note, trois leviers : les SCPI en assurance-vie, le démembrement de propriété (idéal si vous n’avez pas besoin des revenus tout de suite) et les SCPI européennes dont les revenus échappent aux prélèvements sociaux français.

    Avec 100 000 €, l’immobilier locatif en direct redevient aussi envisageable en apport : le statut LMNP garde une fiscalité attractive sur les loyers meublés, et utiliser votre capital comme apport pour emprunter le reste vous fait bénéficier de l’effet de levier du crédit. Un point de vigilance toutefois depuis la loi de finances pour 2025 : pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. Le LMNP reste très efficace pendant la phase de détention, mais la revente se prépare désormais davantage. C’est plus de travail et moins de diversification que les SCPI, mais le potentiel patrimonial est supérieur si le bien est bien choisi.

    Investir 100 000 € pour défiscaliser

    Premier réflexe à avoir en 2026, et le plus simple : le PER. Vos versements se déduisent de votre revenu imposable, dans la limite de vos plafonds : jusqu’à 37 680 € pour un salarié et 88 911 € pour un indépendant en 2026, sachant que les plafonds non utilisés générés à partir de 2026 deviennent reportables pendant 5 ans (au lieu de 3). Si vous êtes imposé à 30 % ou 41 %, chaque tranche de 10 000 € versée vous économise 3 000 à 4 100 € d’impôt, en contrepartie d’un blocage jusqu’à la retraite (hors cas de déblocage anticipé comme l’achat de la résidence principale).

    Côté immobilier, attention aux informations périmées qui circulent encore : le dispositif Pinel est fermé depuis le 31 décembre 2024, il n’est plus possible d’y investir. Les dispositifs réellement ouverts en 2026 sont le Denormandie (ancien avec travaux), le Malraux et les Monuments historiques (pour les contribuables fortement imposés), et le déficit foncier. Pour les profils très fiscalisés, le Girardin industriel offre une réduction « one shot » supérieure au montant investi, mais c’est un mécanisme à risque de reprise fiscale qui exige un monteur solide et un accompagnement professionnel. Restent les véhicules de niche (groupements forestiers, FCPI, SOFICA) : des avantages fiscaux réels, des performances sous-jacentes souvent décevantes. Vous trouverez la liste complète des solutions de défiscalisation ici.

    Ma règle absolue : l’avantage fiscal doit bonifier un placement déjà bon, jamais justifier un mauvais placement. Un investissement qui ne tient que par sa carotte fiscale est un investissement à fuir.

    Mes 3 allocations types pour 100 000 €

    Pour rendre tout cela concret, voici trois répartitions que je pourrais construire selon le profil. Ce sont des illustrations pédagogiques, pas des recommandations personnalisées : votre allocation réelle dépend de votre situation complète.

    SupportPrudent (horizon 3-5 ans)Équilibré (5-10 ans)Dynamique (10 ans et +)
    Livrets (précaution)20 000 €15 000 €10 000 €
    Fonds euros / obligataire50 000 €30 000 €10 000 €
    Produits structurés15 000 €15 000 €15 000 €
    SCPI10 000 €20 000 €20 000 €
    Actions / ETF (PEA, assurance-vie)5 000 €20 000 €45 000 €
    Rendement annuel espéré (net de frais, avant impôt)2 à 3 %3,5 à 4,5 %5 à 6,5 %

    Les rendements espérés sont des fourchettes indicatives fondées sur les conditions de 2026 et les moyennes historiques ; ils ne sont pas garantis, et les profils équilibré et dynamique peuvent connaître des années négatives. C’est le prix à payer pour la performance de long terme. Notez aussi ce qui ne figure pas dans ces tableaux : les placements plaisir (or, montres, vin) que j’évoque dans notre dossier sur la diversification ne devraient jamais dépasser 5 à 10 % d’un patrimoine, et seulement une fois le socle construit.

    Que deviennent 100 000 € dans 10, 20 ou 30 ans ?

    La vraie puissance d’un capital de départ comme celui-ci, ce sont les intérêts composés. Voici ce que donnent mes trois profils types si leur rendement espéré se maintient dans le temps (hypothèses constantes, hors fiscalité et inflation, sans garantie) :

    Profil (rendement net espéré)Dans 10 ansDans 20 ansDans 30 ans
    Prudent (2,5 % par an)128 000 €164 000 €210 000 €
    Équilibré (4,5 % par an)155 000 €241 000 €375 000 €
    Dynamique (6 % par an)179 000 €321 000 €574 000 €

    Deux enseignements. D’abord, l’écart entre prudence totale et prise de risque maîtrisée se chiffre en centaines de milliers d’euros sur 30 ans : c’est le coût réel de l’excès de sécurité. Ensuite, les versements réguliers démultiplient le résultat : en ajoutant 500 € par mois au profil équilibré, vous atteignez environ 430 000 € en 20 ans au lieu de 241 000 €. Le capital de départ compte, la discipline compte encore plus.

    Placer 100 000 € sans risque : ce que ça rapporte vraiment

    Sans aucun risque de perte en capital, vos options sont les livrets réglementés (1,5 à 2,5 %), les comptes à terme (2 à 2,5 % brut) et le fonds euros (2,6 % en moyenne, davantage sur les bons contrats). Soit, sur 100 000 €, entre 1 500 et 2 600 € par an. Avec une inflation retombée sous 1 % fin 2025, ces placements préservent enfin le pouvoir d’achat, ce qui n’était plus le cas entre 2021 et 2023. Mais soyons lucides : la sécurité totale a un coût d’opportunité énorme sur 10 ou 20 ans, le tableau ci-dessus le montre. La vraie gestion du risque ne consiste pas à tout sécuriser, mais à sécuriser ce qui doit l’être et à faire travailler le reste.

    Les 4 erreurs qui coûtent le plus cher

    • Laisser dormir l’argent sur le compte courant. 100 000 € sur un compte courant rapportent 0 €. Sur un simple fonds euros à 2,6 %, ils génèrent environ 29 000 € d’intérêts composés en 10 ans. Chaque année d’attente a un prix.
    • Sous-estimer les frais. Un point de frais annuels en plus, et c’est mathématique : à 6 % au lieu de 7 % pendant 20 ans, vous terminez avec environ 17 % de capital en moins. Frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage : lisez tout, comparez tout.
    • Croire aux rendements élevés garantis. Le taux sans risque en 2026, c’est 1,5 à 2,6 %. Au-delà, tout rendement supérieur implique un risque. « 8 % garantis » n’existe pas : c’est au mieux une omission, au pire une arnaque.
    • Tout miser sur une seule conviction. Tout en immobilier, tout en crypto ou tout sur l’action de son employeur : la concentration transforme un aléa de marché en catastrophe personnelle. La diversification est la seule protection gratuite qui existe.

    Questions fréquentes

    Quel est le meilleur placement pour 100 000 euros ?

    Il n’y en a pas un, il y en a une combinaison. Le « meilleur placement » est une allocation : épargne de précaution sur livrets, socle garanti en fonds euros, moteur de performance en ETF actions via PEA ou assurance-vie, revenus via SCPI sélectionnées, et éventuellement produits structurés pour le couple rendement/protection. Quiconque vous vend un placement unique pour 100 000 € vous vend surtout son produit.

    Combien rapportent 100 000 euros placés par mois ?

    De 125 € par mois sans aucun risque (livrets à 1,5 %, dans la limite des plafonds) à environ 400 € bruts par mois avec des SCPI à 4,91 % de distribution moyenne, et au-delà de 500 € en espérance avec une part importante d’actions, mais sans régularité ni garantie. Pour un revenu mensuel stable et immédiat, la fourchette réaliste après impôts se situe entre 200 et 350 € par mois.

    Peut-on changer de vie avec 100 000 euros ?

    Pas en rente : à 4 % de rendement, cela donne environ 330 € bruts par mois, personne ne vit de cela. En revanche, comme levier, oui : apport pour un investissement locatif financé à crédit, capital de départ pour une activité, ou simplement 15 à 20 ans d’avance sur la constitution de votre retraite. 100 000 € ne changent pas votre vie aujourd’hui, ils changent votre vie dans quinze ans.

    Comment transformer 100 000 euros en 1 million ?

    Avec de la patience ou de la chance, et je ne conseille que la première. À 7 % par an, un capital double environ tous les 10 ans : il faut donc à peu près 34 ans pour multiplier par 10 sans apport supplémentaire, ou nettement moins si vous alimentez le portefeuille chaque mois. Toute promesse de raccourci (crypto miracle, trading, placement exotique à deux chiffres garantis) relève de la spéculation ou de l’arnaque. Pour voir ce que donne un patrimoine déjà constitué, lisez notre page sur 1 million d’euros placés.

    Faut-il rembourser son crédit immobilier avant d’investir 100 000 € ?

    Tout dépend du taux de votre crédit. Si vous avez emprunté autour de 1 à 2 % comme beaucoup d’emprunteurs entre 2019 et 2022, le conserver et investir à 4 ou 5 % d’espérance de rendement est mathématiquement gagnant. Si votre crédit dépasse 3,5 à 4 %, le rembourser par anticipation devient un « placement sans risque » très compétitif. Et il y a la dimension psychologique : certains clients dorment mieux sans dette, et cela compte aussi dans une stratégie patrimoniale.

    Faut-il tout investir d’un coup ou progressivement ?

    Statistiquement, investir d’un coup gagne le plus souvent, car les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent. Psychologiquement, lisser son entrée sur 6 à 12 mois (versements programmés) évite le regret d’avoir tout placé la veille d’une correction et aide à tenir sa stratégie. Pour la partie actions d’un débutant, le lissage est souvent le bon compromis ; pour les supports garantis, inutile d’attendre.

    Vous l’aurez compris : bien investir 100 000 €, c’est 20 % de choix de produits et 80 % de méthode. Un bilan patrimonial avec un conseiller permet de poser votre situation complète (fiscalité, projets, horizon) et d’en déduire l’allocation qui vous correspond, plutôt que celle du voisin. Et si vous démarrez avec un capital plus modeste, j’ai aussi détaillé comment investir entre 1 000 et 10 000 €.

    Sources

    • Ministère de l’Économie : taux du Livret A (1,5 %), du LDDS (1,5 %) et du LEP (2,5 %) au 1er février 2026.
    • France Assureurs et ACPR : rendement moyen des fonds euros en 2025 (2,6 % net de frais de gestion).
    • ASPIM, Les fonds immobiliers grand public, bilan 2025 (février 2026) : taux de distribution moyen de 4,91 %, prix de part moyen à -3,45 %, performance globale de +1,46 %.
    • Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : CSG sur les revenus du capital portée de 9,2 % à 10,6 %, prélèvements sociaux à 18,6 % (assurance vie, revenus fonciers et plus-values immobilières maintenus à 17,2 %).
    • Loi de finances pour 2025, article 84 : réintégration des amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025.
    L'auteur
    Photo Benoît Fruchard

    Benoît Fruchard

    Fondateur de Cleerly - Conseiller en gestion de patrimoine

    Benoît Fruchard est passionné de finances personnelles depuis son plus jeune âge. Après une licence d'économie à l'Université de Nantes puis un Master à l'Université de Bordeaux, il rentre en école de commerce à Rouen. Il a travaillé 2 ans au sein de la BNP Paribas puis 5 ans chez un courtier en ligne. En 2021, il a créé Cleerly, un cabinet en gestion de patrimoine et un site pour démocratiser les finances personnelles... en savoir plus

    2 commentaires

    Vos questions et nos réponses d'experts

    1. alejandro O Nappa

      Bonjour, et le depôt à terme , ne convient pas?
      Merci

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